De l’Autre Côté du Miroir…

FILIPE DA ROCHA dans les coulisses de l’Opéra Grand Avignon

J

e suis la carrière de FILIPE DA ROCHA quasiment depuis ses débuts de photographe. Nous avons été un temps voisins avant qu’il ne s’exile dans le nord de la France, puis à Avignon où il travaille actuellement à une conséquente exposition pour l’Opéra Grand Avignon. Le vernissage est fixé aux premiers jours de Mai et Filipe est encore en prise de vue. Il a pourtant accepté de me laisser partager ses tous premiers clichés afin d’entrevoir avant tout le monde l’autre côté du miroir…

 

My fair lady

C’est le premier spectacle sur lequel Filipe pose son objectif.  La comédie musicale d’Alan Jay Lerner et de Frédérick Loewe, inspirée du Pygmalion de George Bernard Shaw et fameusement adaptée à l’écran par George Cukor avec la sublime Audrey Hepburn, se déroule dans le Londres de la fin du XIXème siècle. C’est l’époque victorienne qui a donné à Filipe l’idée d’une galerie de portraits comme celles des ancêtres que l’on trouve dans les grandes maisons de famille d’outre-Manche.

Le clair-obscur à la maglite

Quand j’ai rencontré Filipe, c’était un tout jeune photographe avec à peine quelques photos dans son book. Parmi elles, j’avais été frappée par une photo de sa femme Luisa, un cliché personnel la représentant à table sous un arbre, une nuit d’été. La lumière en clair-obscur faisait ressembler l’image à un tableau et la robe de Luisa, très contemporaine, créait une dissonance intrigante. Filipe m’avait alors expliqué comment il travaillait pour obtenir ce résultat: à la lampe de poche. Une technique qu’il avait d’abord aimé chez Michel Séméniako, puis apprise avec Paolo Roversi dont il avait été l’assistant. Aujourd’hui, on dit light painting. Ça donne un air techno qui tranche  avec le résultat que Filipe obtient ici.

Du portrait à la photo de mode

Très vite, Filipe a commencé à faire des portraits d’artistes notamment, tels que les frères Capuçon dont il a réalisé quelques pochettes de disques. L’industrie de la mode n’a pas tardé à reconnaître son talent et tout est allé très vite. En quelques années, Filipe a travaillé à tombeau ouvert pour les plus grands magazines de mode (ELLE, Marie Claire…), entre Paris, Londres et Los Angeles. Pris dans le tourbillon du luxe, il en a presqu’oublié sa lampe de poche et s’est un peu perdu lui-même, réalisant, les uns derrière les autres des travaux de commande sans jamais prendre le temps de se demander si c’était là ce qu’il souhaitait.

Retour aux sources

Après ces années mouvementées,  Filipe prend du recul et retrouve Avignon où il avait fait ses études aux Beaux Arts, spécialisation peinture à l’huile (tiens, tiens!). Envie et énergie reviennent et en quelques mois, le voilà parti sur de nouveaux projets. Il s’est fait plein de nouveaux amis. Des artistes, des intellectuels  dont certains, comme lui, sont d’anciens parisiens fatigués, usés par la capitale qui sont venus se ressourcer en Avignon. Ils sont ainsi une petite quarantaine à générer une émulation qui pourrait bien faire bientôt parler d’elle…

Focus sur les costumes

Pour Filipe, la ligne conductrice reste le portrait. Après plusieurs projets, dont un sur les bikers, parfois très tatoués, et un autre sur les fans des 50’s, l’Opéra d’Avignon lui ouvre ses portes et lui commande une expo pour 2014. Il a carte blanche. Réminiscence de son passé de photographe de mode, il choisit l’angle des costumes, des coiffures et du maquillage. Il travaille ici avec Dominique Burté, le costumier du théâtre national de Metz dont My fair lady est la création. Filipe magnifie son travail en photographiant les comédiens en costume dans une loge du théâtre transformé en studio photo. My fair lady est le premier volet  du projet. D’autres spectacles sont à venir… Autant de nouveaux chapitres à explorer pour l’exposition.

Rendez-vous début Mai De l’autre côté du miroir, place de l’Horloge, pour un vernissage musical dans les couloirs de l’Opéra d’Avignon.

 

4 Comments De l’Autre Côté du Miroir…

  1. Landrau 22 janvier 2014 at 10:35

    Magnifique billet pour un bien beau travail.
    La façon dont Filipe boucle sa boucle résonne…

    Bon Istambul !
    A vite

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  2. Bonnamour 24 janvier 2014 at 07:11

    Ambiance surrannée, servie par un billet intimiste et littéraire, bravo ! Merci de m’avoir fait découvrir la technique du « light painting ».

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  3. Photographe de mode paris 10 mai 2014 at 00:13

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  4. Pingback: Through the looking-glass | IMAGESTORY

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