À Fleur de Robe

La plus belle conquête de DONNA DEMARI

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onna DeMari et moi nous sommes rencontrées alors que nous collaborions toutes les deux pour un magazine de mode particulièrement reconnu à l’époque. Nous étions les «juniors» de la rédaction et on nous avait envoyées photographier des maillots de bain fin Novembre à Deauville! La saison suivante, nous étions sagement restées dans les arrière-cours parisiennes en pleine torpeur de Juillet pour shooter de longs et épais manteaux dans l’esprit de Corto Maltese

UNE AMITIÉ ÉQUESTRE

Pendant ces deux saisons et un peu après, Donna et moi sommes devenues amies, rapprochées par une passion commune pour les chevaux. Donna était cavalière, je l’étais également, et venue de New York, elle cherchait un lieu proche de Paris où trouver une présence équine. Elle m’a donc accompagnée les week ends à Chérence, dans le Vexin français. Il y avait (et il y a toujours) dans ce charmant village français, à 70km de Paris, une écurie où je montais régulièrement. Donna venait avec un appareil photo. Je la voyais voler des images au milieu des activités équestres mais je n’avais jamais eu l’occasion de voir le résultat de ces prises de vue rapides.

PERDUES DE VUE

Et puis Donna est repartie vers les États Unis. On s’est écrit un peu au début en espérant que l’une aurait l’occasion de retrouver l’autre d’un côté ou de l’autre de l’Atlantique. Le temps a passé. Nous nous sommes perdues de vue. Il y a quelques années, nous avons repris contact via Facebook et en me promenant sur la toile avec elle comme fil rouge, je suis tombée sur ses photographies équines: simples, sensibles, discrètes, à fleur de peau. Ses images lui ressemblent: l’absence de mise en scène; la lumière seule qui tourne autour de l’animal, révélant les reflets de sa robe, les courbes de ses formes et le regard de la photographe qui capture ces moments de grâce, les effleurant à peine, presqu’à l’insu du sujet principal.

LA BOÎTE À BOBINES

Je ne savais pas que la genèse de ce travail avait eu lieu à Chérence pendant nos week ends équestres. Donna y a shooté, un peu, en argentique, et puis, de retour en Amérique, elle a rangé  les films dans une boîte à chaussures sans les faire développer. Là-bas, elle s’est mariée et, mettant entre parenthèse sa carrière pourtant prometteuse de photographe de mode, s’est isolée en couple au milieu des paysages sauvages des Berkshires dans le Massachussetts. L’amour n’a pas résisté à la vie sauvage mais en rangeant la maison, Donna a retrouvé la boîte à chaussures et fait développé les films… Tout était déjà là, dans ces quelques bobines en noir et blanc.

Donna DeMari

SUCCESS STORY

À partir de là, tout est allé très vite. Elle a continué à photographier les chevaux avec toute la délicatesse qui la caractérise. Ses images ont peu à peu été exposées dans de petites galeries locales jusqu’à ce que les équipes de Ralph Lauren la contacte pour lui acheter ses photos et les exposer dans leurs boutiques du monde entier. Il y a eu des commandes, des livres, d’autres expositions…

Les chevaux ont beaucoup inspiré et continuent d’inspirer les photographes. Pourtant peu de livres valent vraiment le détour car pour bien photographier les chevaux, il faut bien les connaître. Je pense au superbe Equus de Tim Flach et au plus artificiel Horses de Jill Greenberg. Mais j’aime aussi et surtout, et depuis longtemps, les images équines de Camille Vivier. Camille et Donna s’intéressent davantage à la beauté sensible qu’à la beauté plastique.

DONNA DEMARI is represented by the Staley Wise Gallery in New York as well as Jeanne Chisholm Gallery in Wellington, Palm Beach, Fla.

 

2 Comments À Fleur de Robe

  1. Donna DeMari 26 février 2014 at 23:38

    For all the years I spent in Paris- over five- I sadly cannot write in French. But I can say Merci Beaucoup !!! and C’est Magnifique!! Mon ami Severine Merci Merci XO
    I am humbled and I am extremely grateful to be a contributor to ImageStory and even more important to my heart to be recognized and honored by a woman of exceptional and rare vision. Someone I am blessed to call my friend. Someone I was extremely fortunate to collaborate with many years ago, creating together some of my most beautiful and favorite fashion editorials.
    Severine has always been a woman of incredible taste with a keen and discerning eye for fashion and photography and I am so excited that she has created this visual gift. For there is no one with a greater understanding of how a photograph can be both powerful and tender at the same time. Her choices are
    both strong and dynamic while eliciting great feeling- the emotion she speaks about.
    The choice to focus on emotion is particularly personal to me as that is one quality I can’t seem to take out of my images. Being a sensitive and very emotional person throughout my life, I often thought it a negative about my work.
    But now as I’ve grown older and less harsh on myself , much less critical of my work- I appreciate that part of my being that always seems to translate into whatever I shoot. It just happens without trying.
    So that was the cherry on the top for me- ( second to working again with Severine) – to celebrate the connection between photography and emotion.
    It is a brilliant blog that Severine has created. I encourage everyone to follow her. She will take you down magical paths.
    And it is so vrai – IT IS CONTAGIOUS !!!
    My love and deep thanks for this beautiful article. I am so humbled.
    Donna DeMari

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  2. Bonnamour 27 février 2014 at 21:39

    Des photos magnifiques et une belle histoire sensible, superbement racontée !

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