Les Reflets du Monde

Les ombres avant qu’elles ne se perdent par GYSLAIN YAHRI

G

YSLAIN YAHRI est photographe de mode. Il travaille régulièrement pour les magazines et la publicité. Depuis quelques temps, il constate avec une certaine nostalgie la standardisation croissante des pages des magazines. Ce constat va néanmoins l’amener à explorer d’autres territoires. Se détournant pour un temps de la mise en scène d’une réalité idéalisée, il s’attache ici à capturer les reflets de la réalité quotidienne.

Un heureux hasard

Je ne connaissais Gyslain Yahri que de nom et de photographies (de mode) avant que nous ne nous croisions au hasard des réseaux sociaux alors que je commençais à travailler sur Imagestory. Était-ce un hasard? Par curiosité, je suis allée voir son site pour me remémorer ses images et un lien vers son «diary» a aussitôt attiré mon attention, un lien vers «My River». Depuis un peu plus de trois ans, Gyslain y poste régulièrement des images, à chaque fois que les ombres et les lumières jouent devant lui et qu’il parvient à saisir leur va et vient. J’ai aimé son regard sur ces détails du quotidien que seuls les enfants blottis au fond de nous-mêmes savent encore voir.

Souvenirs d’enfance 

Car il y a quelque chose d’enfantin dans ces images. Elles résonnent et ramènent aux siestes forcées de l’enfance. Alors que la lumière est au plus haut les jours d’été, on doit dormir mais, on n’a pas sommeil. On ne peut que se taire et, les yeux grand ouverts, contempler au plafond les ombres qui dansent lentement dans la chaleur, baignées par les bruits du dehors. Étrangement, le souvenir de cette contrainte quotidienne, vécue alors comme une punition, est doux et chaud. Sourire. Gyslain Yahri parle d’enfance, de souvenirs, de la rivière au bord de laquelle il passait ses vacances enfant et du courant de la vie dont il essaie de figer les moments que le temps dilue: « My River » justement.

Une réalité abstraite

J’ai donc rencontré Gyslain chez lui, un matin d’hiver, dans un appartement lumineux suspendu au-dessus des toits de Paris. Un moment, un lieu entre parenthèse, en marge, comme le sujet de ses photographies. Gyslain dit aimer la mélancolie, mais rassure tout de suite: chez lui, elle n’a rien de triste, au contraire. Il aime contempler et s’applique à capturer le reflet des beaux moments. Pour ne pas oublier. Il me laisse manipuler les tirages avec des gants de coton blanc. Les images y révèlent leur matérialité. Se fondant dans les aspérités et les reliefs du papier coton, elles gagnent en abstraction et laissent libre cours à l’imagination…

Gyslain Yahri est représenté à Paris par l’agence Complice, à Londres par Darling Creative et à Milan par CA.O.S. agency.

GYSLAIN YAHRIMy River, Jeux d’ombres et de lumières.

 

2 Comments Les Reflets du Monde

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