Empreintes Adolescentes

C’était comment le temps d’avant de BERNARD FAUCON?

L

es images exposées datent de la fin des années 60. Je ne devrais pas le dire mais, en gros, elles ont mon âge…, vintage donc ! Elles sont la contemplation d’un photographe adolescent sur le petit monde qui s’agite autour de lui, sur ce qu’il était, sur ce qu’il aimait. Le regard est tendre, doux, bienveillant. Bernard Faucon chérit ses souvenirs, les offrant pour un temps aux regards de passage.

Comme un prélude

Sur le carton d’invitation déjà, j’avais été intriguée par la photo. On y voyait le pas de porte  d’une maison à travers du linge étendu dans la lumière d’un soleil frisant. Cette scénette m’évoquait une ribambelle de souvenirs. Je suis restée un moment à contempler l’image me laissant traversée par les émanations d’enfance qu’elle me révélait… Pourtant la maison n’était pas cette maison, le linge n’était pas ce linge, et depuis, j’ai vécu dans d’autres lieux semblables à celui-ci mais, instantanément, cette photographie-là m’a ramenée dans la maison familiale où, enfant, je passais mes vacances.

Précieuses résonances

Avait-elle été choisie pour cela? Le fait est qu’elle sut générer l’envie de pousser la porte, de découvrir l’univers de Bernard Faucon et d’entrevoir la réalité de son temps d’avant. En parcourant l’exposition, chaque image interpelle et résonne comme un souvenir. Les lieux, les jeux, les rires, les pleurs, les regards, les silences… Jusqu’à cet enfant, de dos, en t-shirt rayé, à l’ombre des grands arbres, un pull rouge noué autour des hanches qui regarde les autres jouer dans la lumière, à l’écart. Moi. Punie? Trop timide? Trop petite? J’ai à nouveau ressentie toute cette solitude et cette impossible envie de se mêler aux autres.

L’effet miroir

Mais à travers toutes ces réminiscences de l’enfance, toutes ces émotions, ces lumières et ces couleurs, on devine aussi le besoin du photographe de capturer ce qui fût et ne sera plus. L’urgence de retenir ces moments si fugaces qui font notre histoire, qui nous construisent et que l’on oublie ou plutôt auxquels on ne pense plus. Je n’ai pas pu rencontrer Bernard Faucon mais j’imagine évidemment que ses images lui ressemblent et qu’il nous ressemble donc un peu tant on se retrouve dans ses photographies et tant on prend plaisir à s’y perdre.

EXPOSITION BERNARD FAUCONLe temps d’avantGalerie VU58 rue St Lazare, Paris, jusqu’au 26 Avril.

LE TEMPS D’AVANT, c’est aussi un livre de 96 pages, format 20 x 17 cm, 25 euros, Les Éditions de l’Oeil. Existe aussi en version collector.

Encore plus d’images de Bernard Faucon dans le numéro 6 de 1814 Magazine: extraits de la série LES GRANDES VACANCES.

2 Comments Empreintes Adolescentes

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  2. Pascale Bonnamour 28 mars 2014 at 11:25

    J’aime beaucoup cette idée de retour sur ce qu’on aimait adolecent, c’est très émouvant et cela donne vraiment envie d’aller voir l’expo !

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