Into the sweet, sweet wild

VASANTHA YOGANANTHAN sur la dernière page sauvage d’Europe…

À

l’extrémité sud de la Camargue, une immense langue de sable s’étire sur plus d’une vingtaine de kilomètres. C’est la plage de Piémanson, la dernière plage sauvage d’Europe. Chaque année, au 1er Mai, la plage s’ouvre à tous jusqu’au 30 Septembre et, dès le 30 avril à minuit, les vacanciers viennent librement (et gratuitement) y installer leur résidence estivale éphémère. Depuis cinq ans, Vasantha Yogananthan vient partager leurs vacances…

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La petite fille en noir

C’est la première image que j’ai vue du projet Piémanson. Je ne me souviens plus très bien des circonstances exactes mais, le regard un peu perdu de la fillette avait su capter mon attention. Elle semblait fuir le lieu, s’écarter, l’abandonner derrière elle… Toute de sombre vêtue à la nuit presque tombée, elle était en contradiction totale avec la douceur des couleurs, la sensation d’espace et le calme apparent qui invitaient à demeurer là. Inévitablement, j’ai eu envie d’en voir plus.

Le temps des vacances

Je n’ai jamais été à Piémanson et pourtant, les images de Vasantha me sont familières. Elles évoquent l’enfance, les vacances, les jeux, le camping, le mythe de Robinson Crusoe. Il y a aussi beaucoup de bienveillance dans le regard du photographe. C’est rare aujourd’hui la bienveillance. La tendance est plutôt d’emblée au jugement, voire à la critique. Rien de cela dans ces images de Piémanson mais beaucoup de tendresse. On y lit tout simplement la douceur de vivre, la joie d’être ensemble et le rythme du temps qui passe lentement. Le temps des vacances.

Le dernier été

On y retient aussi une grande sensation de liberté. Liberté des corps à moitié dénudés dont les reflets dorés se fondent tels des bonbons dans les couleurs acidulées du paysage. Liberté des constructions fragiles uniquement contraintes par la loi de leur propre équilibre. Tous ceux qui viennent ici savent pourtant que le temps leur est compté. Leur présence prolongée sur la plage n’est que tolérée. Un jour, c’est certain, les éphémères campements seront interdits et leur présence refoulée. Cet été-là est peut être le dernier? La question se pose en tout cas chaque année.

Douce inconstance

Les scènes de vie qu’esquisse Vasantha, les décors qu’il effleure en sont d’autant plus fragiles eux -aussi et révèlent toute l’inconstance de l’existence. On a envie de retenir ces instants, de les contempler encore. À défaut de partager ces précieux moments avec les estivants, on en éprouve la douceur, la langueur, et on ressent déjà la nostalgie des étés passés sur le sable.

Vasantha Yogananthan, Catalogue « Un arrière-goût de paradis » – Editions Musée Albert-Kahn/Bernard Chauveau

Tirages disponibles sur commande

1 Comment Into the sweet, sweet wild

  1. Fanfan_la_Rose 9 mars 2014 at 17:51

    Quel beau souffle de liberté, merci pour cette découverte

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