On The Edges of Shanghai

Scènes de vie aux stations terminus du métro de Shanghai avec LIZ HINGLEY

J

ai rencontré Liz Hingley alors qu’elle était de passage à Paris, revenant de Sète après sa participation en tant qu’invitée à la 6ème édition du festival ImageSingulières où son travail sur une famille modeste du coeur industriel de l’Angleterre, « The Jones family », était exposé. Née à Birmingham, elle vit aujourd’hui à Shanghai. En Juillet 2013, ses malles à peine défaites, les éditions be-pôles lui commandent un portrait de la ville. Elle en choisit les marges et capture des scènes de vie aux stations terminus des lignes de métro en perpétuelle expansion.

« Aujourd’hui, les gens ne se définissent plus par d’où ils viennent mais par ce en quoi ils croient». Alors qu’elle commence à se raconter devant une tasse de thé, cette fille de pasteurs (père et mère) britanniques, m’explique comment la photographie est devenue son fil rouge. À à peine 30 ans, Liz Hingley a vécu à Brighton et à Londres pour ses études, puis en Hollande, en Italie, en Hongrie, aux US… , en France aussi et maintenant en Chine. Pourtant, ses lieux de résidences, elle les a rarement choisis. Ce sont les rencontres qui génèrent ou accompagnent ses projets photographiques qui tracent son parcours.

Pour elle, la photographie est d’abord un style de vie. Diplômée en anthropologie, la photo lui permet d’observer et de témoigner en images de ce qui anime son prochain, de ce qui le lie aux autres et à son environnement. En ce sens, la Chine est pour elle un vaste terrain d’exploration. C’est ce qui l’a motivée à accepter l’offre de collaboration de l’université de Fudan et à s’installer à Shanghai. La commande des éditions be-pôles, à réaliser en deux mois, est un premier pas pour mieux comprendre la ville et ses habitants, une première étape propre à assurer ses projets futurs et à interroger sur le développement de la Chine.

Les mutations en Chine sont rapides et radicales. En 20 ans, le métro s’est considérablement étendu, repoussant chaque jour les limites de la ville tentaculaire. Les images de Liz Hingley témoignent de ces moments de vie fragiles, suspendus entre ville et campagne, entre modernité et tradition. Un présent en équilibre entre passé et avenir. Ces moments, ces lieux n’existent déjà plus, un an seulement après la réalisation des photos. Leur dimension éphémère, rendue particulièrement palpable par l’accélération du temps que connaît cette région du monde, émeut. Les images de Liz Hingley révèlent la fragilité de l’existence et parlent de l’impermanence du monde.

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