Botanic Horst

Rassemblement des belles plantes de HORST P. HORST au Victoria & Albert Museum

E

n allant voir l’exposition que consacre à Londres le Victoria & Albert Museum à HORST P. HORST,  incontournable figure de la photographie de mode, je pensais seulement voir enfin en print les images icônes qui ont initié mon parcours de rédactrice de mode. Mais l’exposition s’est révélée bien plus riche… À côté des images en noir et blanc qui ont marqué l’inconscient collectif des gens de mode et d’image, les carnets de croquis témoignent de la réflexion parfois nécessaire à la composition d’une photographie. Loin des instantanés, la photo est pensée, conçue, construite. La couleur, venue plus tardivement, est utilisée avec soin et parcimonie, comme un nouvel élément graphique, une pièce supplémentaire à la composition. Les couvertures de VOGUE des années 40, loin des concepts marketing et de l’identité de marque, rivalisent de créativité. Un vrai feu d’artifice étalé sous vitrine.

Horst Vogue

Horst Vogue

Horst Vogue

On trouve aussi des nus masculins sublimes et pudiques (très dans l’air du temps finalement bien qu’évoquant plutôt des sculptures classiques) et aussi un diaporama géant d’intérieurs issus des pages de Vogue ‘Fashions in Living’ où l’on détecte la patte excentrique de la grande Diana Vreeland.

Mais, ce sont les collages botaniques qui ont captivé mon attention. Loin du glamour de ses photos de mode ou de célébrités, il s’agit de gros plans shootés en noir et blanc au cœur des plantes et découpés, dupliqués jusqu’à former une structure architecturale, telle une mosaïque ou un kaléidoscope monochrome. Un projet personnel, inspiré des photographies de Karl Blossfeldt, qui avait fait l’objet du second livre de Horst : Patterns from Nature, publié en 1946.

Les images sont littéralement hypnotisantes, comme ces livres stéréogrammes qui fascinent tant les enfants. Si Horst a alors souhaité se libérer de son travail en studio extrêmement contrôlé pour le magazine Vogue, son expérience de la mode et de l’élégance filtre malgré lui. Ou bien est-ce mon regard d’ex- «modeuse » ? Je ne peux m’empêcher d’y voir des similarités avec les imprimés quasi photographiques de Martin Margiela… On m’a dit une fois « On ne renonce jamais aux chevaux ». Il faut croire que l’on ne renonce pas à la mode non plus !

Martin MArgiela

Le livre « Horst: Patterns from Nature » by Martin Barnes, 2014, est disponible aux éditions Merrell, £30

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