En Route

Il y a eu encore beaucoup de choses intéressantes aux Rencontres d’Arles cette année. J’ai adoré l’atmosphère des villes de MICHAEL WOLF avec un vrai faible pour son travail dans le métro de Tokyo. MEYEROWITZ aussi, toujours. Sa prestation au Théâtre Antique était fascinante d’énergie, de désir… L’impression qu’il ne s’arrêterait jamais de nous raconter sa photographie tant la passion le galvanise encore… à 79 ans!

Mais une des choses qui m’a le plus frappée, c’est la présence grandissante de la Photographie Documentaire en Arles. On en avait déjà pressentie la tendance l’année dernière, notamment avec le travail de la photographe espagnole LAIA ABRIL sur l’avortement. Cette année la tendance s’est confirmée avec, entre autres, l’enquête photographique de MATHIEU ASSELIN sur Monsanto. Un travail extrêmement bien documenté sur notre réalité qui résonne avec la fiction du cinéaste Coréen Bong Joon-ho, OKJA, que je venais de voir. Il y avait aussi les portraits d’un monde qui se noie de GIDEON MENDEL sur les conséquences du réchauffement climatique ou encore le long travail de MATHIEU PERNOT sur la famille Gorgan, des roms installés en France depuis plus d’un siècle. Sans oublier, au Prix Découverte, les images silencieuses de GUY MARTIN sur la Turquie d’Erdogan. Pour ne citer que ceux-là.

Mais là, je fais un arrêt sur les images de MARIE BOVO qui a posé sa chambre photographique à bord des trains d’Europe orientale et de Russie. À chaque arrêt, elle a photographié ce sur quoi la porte du train s’ouvrait. Son travail est un long voyage vers le grand Est, chaque vue, chaque fragment, dressant le portrait d’une Europe lointaine à peine revenue de son passé soviétique. J’affectionne tout particulièrement la poésie de toutes ces portes ouvertes sur des possibles: des lieux, des rencontres, des vies, des histoires.

D’ailleurs, puisqu’on parle d’histoires, il y a eu l’intervention de MAYLIS DE KERANGAL, une lecture, sur le lieu de l’exposition dans le cadre des nuits « Littérature et Photographie« , une superbe initiative des Rencontres qui résonne évidemment tout particulièrement pour moi: des images, des histoires… Donc Maylis de Kerangal a fait une lecture d’extraits de son livre « Tangente vers l’Est » dans l’église des Trinitaires, au milieu des images glacées de Marie Bovo. Que du bonheur!

Il y avait d’autres lectures programmées ce soir-là mais mon agenda arlésien ne m’ayant pas permis d’y assister, je garde en mémoire et je partage l’association des images exposées à certains textes:

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